The Contexte :
Hors Mon-dia-lisme point de salut nous disent majorité de nos dirigeants, mais ce propos est-il sage ? Prenons-le comme principe de base et posons-nous quelques questions, simples, sur les mécanismes intimes de ce choix économique et sur ses avantages et inconvénients, cela mérite réflexion… Réflexion raisonnée même si elle est teintée par mon propre subjectivisme, mais je me suis déjà exprimé sur cela. Vérités, réalités, révélations, divinations ou que du vent ? A vous de juger…
The DuMarché’s law :
Suivant l’hypothèse religieusement vénérée par de nombreux Adamsmith, l’équilibre des prix s’établit au profit de tous lorsque l’offre et la demande atteignent un même niveau, chacun s’y retrouve alors et le grisbi devient un moyen de troc équilibré. Cette situation idyllique semble s’obtenir assez facilement si l’on considère le libre échange comme un procédé auto-régulé ; L’offre dépasse la demande, la compétition fait baisser le coût et la demande augmente. De même si la demande dépasse l’offre, l’appât du gain renchérit les produits et la demande baisse. Simplissime ! La demande se stabilise toute seule comme une grande sans rien demander à personne et surtout pas à l’Etat, la main de Dieu veille sur le bien-être du bon peuple. De nombreux modèles mathématiques plus ou moins sophistiqués modélisent ce principe économique et en prouvent la réelle puissance de fond. Liberté, égalité, richesse pour tous !
A tooo big Société :
Un premier caillou dans la chaussure des Adamsmith les oblige à réfréner leur enthousiaste course en avant. Des analyses mathématiques, que l’on retrouve en physique, nous montrent que les systèmes auto-régulés ne sont « parfaits » qu’à l’équilibre… Mais ne sont jamais à l’équilibre.
Ainsi la vie de ces systèmes est un perpétuel bruissement, une suite sans fin de fluctuations aléatoires centrées autour du point d’équilibre chéri. Heureusement, la multitude nous sauve, le collectif gomme l’individuel et le bonheur statistique peut enfin frapper. Hélas certains perdent de vue l’indispensable diversité ou, pire, ne jouent pas le jeu. La « conglomération » frappe, le sceptre de l’Etat change de main pour se retrouver dans celle de quelque roi du pétrole, l’huile se fige et la fluidité disparaît. Même si l’équilibre reste mathématiquement possible, le faible nombre d’éléments du système rend catastrophique toutes fluctuations et leurs donne une ampleur destructrice. La « loi du marché » ne marche plus en régime économique avec un nombre d’acteurs restreint. Les prix peuvent s’envoler ou chuter, de toutes façons le marché se verrouille sur un nouveau point d’équilibre ; Soit vers un régime de « subventions » avec des prix dérisoires et une absence de rentabilité, soit vers un régime de « luxe », avec des prix horribles, horribles, horribles, et une faible frange de privilégiés concernés. Qui a dit qu’il fallait con-cen-trer ?
Economie de ladder :
Nous nous retrouvons ainsi dans une situation paradoxale malheureusement très fréquente : La « loi du marché » pousse à baisser les prix, la volonté de baisser les prix pousse à réaliser une économie d’échelle, l’économie d’échelle réduit le nombre d’acteurs, et la « loi du marché » ne fonctionne plus… Mais tintin pour revenir en arrière ! C’est l’un des gros défauts de notre économie mondiale actuelle ; vouloir jouer le jeu de la libre entreprise tout en acceptant les jeux des libres entrepreneurs. De fait, la pratique du libéral oblige la régulation, oblige l’Etat, oblige à veiller sur « l’égalité » et la diversité, oblige la reprise en main « ex machina » des marchés verrouillés sur un mauvais point d’équilibre, oblige la lutte contre les potentats de toutes sortes… Dès que le marché se réduit en nombre d’acteurs, « l’économie d’échelle » n’est plus un gain, cela devient une perversion, perversion aggravée par quelques considérations discutées ci-après.
Camions’s Cost :
Le monde est petit dans sa chair de monde, ce qu’il nous offre est limité. Le cycle du carbone n’est plus dans un état stable, il y reviendra demain mais il sera trop tard, il n’y aura plus de pétrole, plus de charbon, le kilowatt au mètre carré que nous dispense sa majesté solaire nous semblera bien étriqué. Cette petite phrase n’est évidemment qu’un raccourci de la complexité du bouleversement écologique attendu. Pas imaginé, pas prédit, pas prévu, mais attendu…
L’un des moyens, très simples en théorie, pour lutter contre cette dégradation environnementale serait d’augmenter le coût du transport pour y valoriser l’impact de la consommation de carbone en particulier et des déplacements de matière en général. Nous « agrandirions » ainsi notre globe, rendrions naturellement aux marchés une valeur locale plus importante et conforme aux particularismes très humainement justifiés. La mondialisation, maintenue comme synergie commune à tous les hommes et volonté égalitaire, ne viendrait pas contrecarrer une diversité socio-biologique qui reste une richesse pour l’homme et sa terre. La mondialisation pourrait se traduire par une augmentation globale de richesse sans être un gaspillage accéléré. Vaut-il mieux vivre dans une grange sans cloisons ou dans une maison avec chacun sa chambre ? Rien n’empêche d’habiter à la même adresse, de partager cuisine et dépendances mais de disposer de son coin repos personnel.
Déconglomération :
Dans ce contexte, l’individualité d’un pays permettrait un point de vue peu imaginé à ce jour. L’économie d’échelle dont nous causions juste avant perdrait sa justification. Une analyse macroéconomique peut se faire sans avoir à considérer le niveau absolu du prix, ce qui compte c’est l’équilibre à atteindre pour éviter toute inflation ou déflation. Après, la mise à niveau avec les autres pays du globe peut se faire par ajustement. Revenons donc à notre « économie d’échelle » ; pour l’essentiel elle se pratique au travers d’une réduction des coûts de personnel. La mécanisation, améliorée par concentration de la production, fait baisser les prix par rapport à une production manuelle. Tout n’est donc que gain de personnel…
L’abandon de l’économie d’échelle se traduit peut-être par un renchérissement mais également par un « emploiement » et son corollaire ; L’augmentation du pouvoir d’achat de la population. Mis à part une phase transitoire dynamique, nous pouvons retrouver un nouvel équilibre offre-demande dont l’atteinte se fait par augmentation de coût mais qui se traduit au final par une augmentation du travail. Voilà qui devrait plaire à plus d’un ! Le Japon d’après-guerre est un excellent exemple. Il a inondé le monde de ses robots de production tout en s’interdisant de les utiliser pour maintenir ses petites mains au travail.
Psycho-Socio-éco :
Chez les Adamsmith il y a des Adamsmith chefs et des Adamsmith pas chefs. Les premiers sont le caillou dans la deuxième chaussure des seconds. Je m’explique :
Ce serait trop simple si l’économie n’était qu’une bête histoire d’équilibres financiers. En fait, l’économie est gérée par des hommes et son organisation est essentiellement problème de sociologie, voire de psychologie.
L’humanité s’organise en différents « corps sociaux ». Pour des raisons complexes, notamment phylogénétiques propres à l’espèce, cette organisation n’est pas basée sur des « compétences » individuelles mais surtout sur d’obscures raisons d’histoire personnelle. Homo Sapiens Sapiens s’assemble en « castes ». Ce processus est tellement efficace que des pays comme l’Inde en souffre depuis la nuit des temps. Chez nous l’aristocratisme est un bien congénital, de même dans le monde économique, monde de l’entreprise, la méritocratie est plus affaire de cooptation que de réelles compétences. Les cerveaux aux capacités intellectuelles nécessaires pour diriger le monde sont plus nombreux qu’il n’y a de « postes » à pourvoir et la dure sélection naturelle opère par voie de « sang ».
La Néo-Féodalité :
Evidence pour moi, l’organisation des grandes entreprises est bâtie autour d’un noyau typiquement « néo-féodal ». Nous y retrouvons un panel de « seigneurs » organisés en fiefs. Comme au bon vieux temps ils détiennent les cordons de la bourse, même si son contenu ne leur appartient pas. Signe important, ils montent le plus bel étalon du château, voire en ont plusieurs, alors que le chevalier de base se contente d’un percheron crotté. Ils sont entourés d’une cour de Cad’Sup auxquels ils octroient leurs grâces selon leur humeur et selon le rang ou la rouerie de ces derniers. Ils guerroient entre eux ou s’allient au grès de stratégies locales, le plus traître ayant de fortes chances de l’emporter. Ils nomment des barons de plus basse extraction pour trimer sur les terres les moins fertiles. En cas de besoin, ils n’hésitent pas à tondre les moutons de leurs serfs, quand ce n’est pas tondre les serfs eux-mêmes. Les plus riches sont ceux qui exploitent leurs vassaux avec le moins de vergogne. Ils n’hésitent d’ailleurs pas à revendre leur charge pour se rapprocher d’une royale lueur parisienne, mais peu importe les moyens pourvu que les murs du château soient plus épais que celui du voisin, vous comprenez, c’est mieux s’il faut guerroyer. Et puis c’est bien de côtoyer le Roi, quant on peut répondre à ses fréquents besoins d’argent frais on a un moyen rapide de monter en grade dans l’aristocratie, voire d’approcher des charges souvent juteuses.
Alors, ne s’y croirait-on pas ?
Tombée de masques :
Tout cela prêterait à sourire si l’enjeu n’était important. Les grandes théories sur la valeur de tel ou tel système économique sont en définitive bien dérisoires lorsque l’on a compris que le vrai moteur du monde a son accélérateur au pied d’une structure archaïque. Que cette structure n’a pas mis en place de garde-fou et que le risque de dérapage est permanent.
Les différentes sociétés féodales historiques de par le monde se sont toutes terminées par des épisodes de bain de sang. L’exemple Français est une vieille histoire que nous avons assumée puisque nos charmants bambins chantent toujours en cœur une marseillaise pour le moins sanglante sans que personne ne s’en émeuve. Les féodalités Russes et Chinoises ont viré au rouge sang et le pourpre de la féodalité Russe de remplacement a bien failli s’achever dans un feu d’artifice Chernobylien. Leurs féodalités actuelles sont particulièrement noires et ne présagent rien de bien.
Les exemples du dérèglement économique général sont malheureusement nombreux. Soit le cas du marché des Télécom que nous connaissons bien ; les principes séparateurs que les spécialistes de la science fission veulent appliquer sont un vieux démon qui a déjà sévi, il est mort, il veut ressusciter. Nous connûmes déjà plusieurs expériences économiques malheureuses de cet éclatement du métier (j’en ai l’expérience directe, personnelle, documentée, objective, etc. au travers du câble Français… Que sa dépouille repose en paix), quel pseudo-économiste peut encore s’attacher à ce cadavre séparatiste si ce n’est parce que sa secte le vénère pour d’obscures et inavouables raisons ?
Et un autre exemple dont nous avons parlé ; le pourri cas Forgeard qui fait les gorges chaudes de nos journalistes. Une ordure ? Probablement pas plus que les autres, mais noyé qu’il était dans l’illusion de sa secte de dirigeants il a perdu le sens de la gouvernance et s’est enferré dans de « mauvaises actions ». Un cas de plus pour nous montrer que la compétence à gouverner n’est pas ce qui est demandé aux confrères de la confrèrerie... et qu’on ne me dise pas que revendre son entreprise, revendre la part symbolique du pouvoir que l’on peut avoir dessus, est un acte de gouverne éclairé ! C’est juste le comportement caractéristique d’un néo-féodal en pleine action ; on se paie sur la bête avant qu’elle ne crève, la viande est meilleure fraîche et les morceaux les plus fins seront partagés avec les courtisans. Pour la plèbe, ce que les vautours laisseront de la carcasse suffira …
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Commentaires zavisés (Claude vs Bertrand) :
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C: Alan Grenspan vient de dire dans le livre qu'il sort en ce moment que la science économétrique ne sert à rien car l'économie mondiale est devenue tellement complexe... Je sens que toute approche physicienne ou mathématicienne de l'économie va encore un peu plus me rebuter, car A.Greenspan fait partie de mes références...
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B: Comment peux-tu continuer à aduler un spécialiste qui dit lui-même que seule sa boule de cristal compte et que son intelligence ne sert à rien ! Qui dit que la raison est submergée par l'irrationnel et, surtout, que la raison ne sert à rien...
Imagine que les physiciens arrêtent leur métier parce que physique et mathématiques sont devenues tellement complexes... Ou plutôt non, n'arrêtent pas leur métier mais le pratique au travers d'affirmations péremptoires puisque de toutes façons ils ne pourront rien prouver...
AG serait-il un pur politique néo-féodal ? Comment peut-on faire une approche sérieuse de l'économie, donc avec des aspects scientifiques, sans passer par l'économétrie ! AG prendrait-il un malin plaisir à se foutre de notre gueule ? Ou l'exercice du pouvoir aurait-il à ce point détruit ses capacités de réflexion ?
A ce train l'économie va passer du statut de science à celui de philosophie dont on discute dans les boudoirs puisque de toutes façon les décisions prises en la matière ne peuvent pas être étayées par autre chose que du "sentiment" et que le statut social de celui qui les prends va l'emporter sur toutes autres considérations. Rejeter l'économétrie c'est en quelque sorte donner à l'économie le statut de "fait du prince".
Que fais-tu de la rationalité que tu défendais si chèrement quelques propos auparavant ?
A-t-on toujours raison de laisser de tels pouvoir à un cerveau qui part à la dérive ?
Ou AG n'avoue-t-il pas dans une crise de remords aigüe qu'il n'a jamais été qu'un "charlatan", pas un économiste ?
Imagine que les physiciens arrêtent leur métier parce que physique et mathématiques sont devenues tellement complexes... Ou plutôt non, n'arrêtent pas leur métier mais le pratique au travers d'affirmations péremptoires puisque de toutes façons ils ne pourront rien prouver...
AG serait-il un pur politique néo-féodal ? Comment peut-on faire une approche sérieuse de l'économie, donc avec des aspects scientifiques, sans passer par l'économétrie ! AG prendrait-il un malin plaisir à se foutre de notre gueule ? Ou l'exercice du pouvoir aurait-il à ce point détruit ses capacités de réflexion ?
A ce train l'économie va passer du statut de science à celui de philosophie dont on discute dans les boudoirs puisque de toutes façon les décisions prises en la matière ne peuvent pas être étayées par autre chose que du "sentiment" et que le statut social de celui qui les prends va l'emporter sur toutes autres considérations. Rejeter l'économétrie c'est en quelque sorte donner à l'économie le statut de "fait du prince".
Que fais-tu de la rationalité que tu défendais si chèrement quelques propos auparavant ?
A-t-on toujours raison de laisser de tels pouvoir à un cerveau qui part à la dérive ?
Ou AG n'avoue-t-il pas dans une crise de remords aigüe qu'il n'a jamais été qu'un "charlatan", pas un économiste ?
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C: tu as raison effectivement. Néanmoins, Alan Greenspan a la réputation d'être le meilleur visionnaire de l'économie et sa phrase fait réfléchir. Je vais certainement acheter son bouquin.
Mais sois rassuré, A.Greenspan est certainement le plus gros consommateur de statistiques et d'analyses économétriques...
Enfin, si ma mémoire est bonne, les derniers prix Nobel d'économie sont plus des gens proches des sciences humaines que des sciences dures.
Je ne crois pas aux théories globales mathématiques dès lors que les phénomènes sont ultra complexes. Cette science économique reste à inventer.
La rationnalité que je défends est très pragmatique. Sais-tu par exemple qu'une hausse des taux directeurs d'une monnaie est censée faire monter la monnaie en théorie mais qu'il y a presque autant de cas de figure pour lesquels cela la fait descendre. Seuls les analystes savent deviner cet effet. Pas encore les mathématiques visiblement :-)
Mais sois rassuré, A.Greenspan est certainement le plus gros consommateur de statistiques et d'analyses économétriques...
Enfin, si ma mémoire est bonne, les derniers prix Nobel d'économie sont plus des gens proches des sciences humaines que des sciences dures.
Je ne crois pas aux théories globales mathématiques dès lors que les phénomènes sont ultra complexes. Cette science économique reste à inventer.
La rationnalité que je défends est très pragmatique. Sais-tu par exemple qu'une hausse des taux directeurs d'une monnaie est censée faire monter la monnaie en théorie mais qu'il y a presque autant de cas de figure pour lesquels cela la fait descendre. Seuls les analystes savent deviner cet effet. Pas encore les mathématiques visiblement :-)
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B: Nous sommes donc d'accord pour dire que la boule de cristal, l'organe voméronasal et les mathématiques sont complémentaires !
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