Quand chat nous tiens...

vendredi 19 octobre 2007

Fragments de discussion... Danger du portable


De MASSON Bernard - jeudi 18 octobre 2007 15:17 :
Je pressens un futur scandale des cancers du portable comparable aux scandales précédents : amiante, viande folle, sang contaminé. Et bien sûr personne ne sera ni responsable, ni coupable... Les gamins sont mal barrés pour leur avenir....


Le 18/10/07, ROBERT Claude a écrit :

ouf, mes gosses sont très mail et très mircosoft exchange... Ils téléphonent très peu (forfait limité...).
Mais même le téléphone fixe est mauvais : j'ai eu énormément de réunion téléphone lorsque j'étais à l'audit, et j'ai perdu de l'efficacité dans les fréquences de la voix humaine (cf la visite médicale). je sais exactement d'où ca vient : les semaines en 2005 où on passait des journées au téléphone fixe pour des réunions avec des auditeurs d'autes pôles !


Bertrand a écrit :

Je suis un peu étonné que le téléphone soit la cause de ta baisse d'audition !
Les conversations suivies au téléphone ont l'avantage d'être limitées en puissance acoustique et en bande passante, donc sont a priori moins agressives pour l'audition que les conversations en direct. Par contre la presbyacousie (réduction de l'audition avec l'age) est une réalité incontournable...

Le danger du portable est sur le fond très logique, il était même qualitativement acquis avant tout résultat d'étude et confirme l'aphorisme "l'excés en tout est dangereux" jamais mis en défaut (c'est même une définition possible du mot "excés"). Aujourd'hui il semblerait que l'on ait des résultats quantitatifs. Toutefois il faudrait voir l'étude précise car l'article ci-dessous ne dit rien sur ce qu'est un "accro du mobile" et reste bien peu scientifique.

On peut juste conclure qu'il ne faut pas dormir le portable sous l'oreiller, qu'il n'est pas judicieux de donner un portable à un gamin de 5 ans et que la maîtrise de la consommation est une bonne chose. Rien de bien nouveau en soit pour qui a un certain "bon sens" en la matière, inutile de partir se faire ermite dans le désert...

Le danger des rayonnements électromagnétiques est d'ailleurs une bouteille à encre ouverte dès le début de l'ère industrielle. On pourra débattre avantageusement du danger des émetteurs en tous genres, du refus des lignes haute tension, de la généralisation du Wifi et autres sans fils. De nombreuses plumes seront nécessaires pour vider cette bouteille à encre !

Toutefois les risques apportés par les "ondes" sont réels... mais faibles... Comme pour tous produits à risque faible il convient d'analyser le rapport bénéfice / risque avant toute décision sur l'utilisation ou non. Les gamins ne sont pas "mal barrés" au vu des nombreux avantages que procurent l'électricité en général et les ondes en particulier. Nous nous devons simplement de leur apprendre à utiliser la technologie en toute connaissance de cause et à modérer leur comportement, au téléphone comme ailleurs. Les "jeunes" d'avant l'électricité avaient aussi leurs "excés" et leur mortalité... Mais c'est vrai que faire assimiler à un jeune la notion de risque faible et à terme tient de la gageure face au plaisir immédiat, y'a qu'à voir le tabac...

Le 19/10/07, DESOUBRY Alain a écrit :

D'accord sur le principe et l'analyse. En pratique, pas vraiment.
S'il avait été question de l'amiante, n'aurais-tu pas pu écrire la même chose ?
Il y a certainement un moment où le choix bénéfice/risque est à faire, mais tu poses au préalable que le risque est faible, alors qu'en fait, on n'en sait pas grand chose non plus. D'autre part, je pense que dans la plupart des cas, cette évaluation, raisonnable dans son propos, est biaisée.
Je pense du coup à la navette spatiale... Risque de 1/plein de zéros, devenu de 1/35 après le premier accident. A-t-on la moindre chance d'avoir dans ces domaines une évaluation à la fois impartiale, et fiable ? Je crois, avec Bernard, que non.


Bertrand a écrit :

Ecrire la même chose ? Sans doute avec pas mal de nuances car j'ai une "relation" avec la nature qui me fait distinguer matière et force. En l'occurrence l'amiante est de la matière et les ondes une force... J'ai d'autre part mentionné la prise en compte du rapport bénéfice / risque. Ce rapport implique de considérer l'existence ou l'absence de solutions alternatives. Dans le cas de l'amiante, le choix a été fait pour des raisons économiques, pas par manque d'autre solution. Dans le cas du "sans-fil" le choix d'un procédé alternatif restera limité tant que la télépathie ne deviendra pas une science exacte...

Historiquement l'utilisation de matériaux comme l'amiante s'est développée en même temps que se développait la médecine et la connaissance fine du corps nécessaires pour analyser une toxicité à long terme. L'utilisation des ondes radio est venue après, dans un contexte médical beaucoup plus avancé. Moralement parlant, le scandale de l'amiante vient d'une utilisation prolongée après connaissance précise de sa toxicité, nous n'en sommes pas encore là pour les mobiles.


Considérer le risque "faible" n'est pas du tout un avis préalable, c'est le résultat pragmatique d'une expérience très généralisée, celle du développement des ondes radio de manière "explosive" ; nos ancêtre du siècle avant-dernier ne les fréquentaient en rien, nous en sommes baignés aujourd'hui. La toxicité de l'amiante n'est pas liée à la chimie mais à la physique, toutes les micro fibres d'une certaine dimension sont potentiellement cancérigènes et font partie de l'environnement naturel de l'homme depuis toujours, certes en quantités plus ou moins grandes. Détecter leur toxicité a donc été plus difficile.

Le problème de la navette spatiale est un problème de statistique difficile du fait de l'unicité de l'évènement. La mesure de la toxicité de l'amiante ou des ondes radio est facilitée par le très grand nombre "d'expériences" qui permet de cerner concrètement des probabilités très faibles. On peut dire qu'on ne sait pas grand chose du niveau réel de toxicité des mobiles, mais on "sait" que cette toxicité est très faible car en limite de mesure.


L'impartialité d'une évaluation est toujours difficile dans des domaines ou les gros sous gouvernent, elle peut toutefois être approchée par la multiplicité des expériences par des acteurs différents, voire en concurrence...

Concernant l'amiante, rappelons que le risque est surtout majeur pour les travailleurs du domaine. Même s'il existe, le risque "grand public" est à la limite du mesurable. De la même façon j'interdirais un plateau téléphonique ou l'on n'utiliserait que des mobiles par contre j'utilise le mien raisonnablement et sans arrière pensée, comparativement je suis infiniment plus "craintif" en montant en voiture, et pourtant j'y monte...

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