Quand chat nous tiens...

lundi 22 octobre 2007

Pépère Popper et le Big-Bang

Bertrand a écrit :
Débat : Le big-bang est-il réfutable ?

Alain a écrit :
Pas vraiment :-) Pas encore, au moins.
Un physicien (Jean Bricmont, je crois) disait que l'épistémologie de Popper était très satisfaisante, avec un grain de sel.


Bertrand a écrit :
Et pourtant !
La réfutabilité d'une théorie comme le Big-Bang se pratique de la façon suivante ;
1) On imagine la théorie et on la construit dans ses détails.
2) A partir de ce postulat on calcule les effets mesurables aujourd'hui dépendants de ce point de départ.
3) Si les effets attendus ne sont pas vérifiés, on peut réfuter la théorie de départ.
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La théorie du Big-Bang dans sa formulation actuelle entraîne un certain nombre "d'effets" mesurables... Effectivement mesurés !
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En réalité la précision des calculs n'est pas infinie et tous les "détails" de la théorie initiale ne sont pas précisément développés. Il y a donc toujours quelques distorsions entre les prévisions et les mesures réalisées. Toutefois la théorie du Big-Bang est celle qui offre le moins de "distorsions" en comparaison avec les théories concurrentes. Elle a donc le statut de théorie scientifique réfutable mais non réfutée à ce jour ! (les théories concurrentes sont, elles, réfutées).


Alain a écrit :
C'est marrant, j'y pensais encore en rentrant à la maison.
Oui sans réserve, si on peut construire la théorie "dans ses détails". Mais sauf erreur de ma part, c'est encore un assemblage complexe, encore malléable, et qui présente une certaine souplesse pour contourner les écueils expérimentaux.
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Je pensais aussi à "la" théorie des cordes (cf le N° récent de notre revue habituelle...) : des familles de théories, séduisantes mais toutes atrocement complexes, dont on ne sait pas trop lesquelles choisir, et dont aucune n'est encore testable.
Cela étant, dans tous ces cas, le but recherché est bien la mise à l'épreuve à terme, partielle ou totale (cette dernière un peu illusoire). Et on ne sauvera pas durablement une théorie que l'expérience réfute. Il y a quand même un monde entre cette science là et d'autres parées du même nom. Dommage que le vocabulaire entretienne la confusion.


Bertrand a écrit :
Le Big-Bang est une théorie relativement bien détaillée... Pour tous les "détails" que la physique actuelle peut expliciter !
Ses limites de prédiction se trouvent là, dans la physique des hautes énergies. Ce qui explique pourquoi les accélérateurs géants sont les outils privilégiés des cosmologistes, autant que les grands télescopes et autres "Hubbleries".
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En comparaison la théorie des cordes est plus un cadre conceptuel qu'une vraie théorie puisqu'il n'existe pas encore d'outils mathématiques qui permettent d'en développer tous les effets. Elle n'est donc actuellement pas "réfutable" et souffre d'un paramétrage encore impossible à réaliser ; il n'y a bien qu'une seule "théorie" mais de multiples paramètres, le nombre de dimensions étant par exemple l'un d'eux. Certains puristes jouent sur le nombre de valeurs possibles des paramètres pour avancer le nombre vertigineux de gogol à la puissance cinq "théories" possibles, mais c'est un peu comme annoncer qu'il y a une théorie de la relativité différente par valeur de la constante cosmologique ! (qui n'est pas encore connue à ce jour)
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Cela dit, la relativité généralisée, basée sur le calcul tensoriel, a mis un certain temps avant que les physiciens ne maitrisent cette partie des mathématiques et ne puissent tirer toute la substantifique moëlle de ce concept là. Aujourd'hui le calcul tensoriel fait partie des mathématiques "élémentaires" et, par exemple, faciles à programmer (le calcul tensoriel est une forme sophistiquée du calcul vectoriel), mais l'ordinateur n'existait pas encore au moment du développement de la relativité par Einstein. Qui sait, peut-être que ce qui dérivera des idées "d'ordinateur quantique" permettra les calculs en théorie des cordes...

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Et puis, peut-être qu'un "illuminé" charismatique trouvera à concurrencer l'astrologie par une "cordologie" non réfutée, c'est la puissance de la parole que de permettre ce genre d'évolution...

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