Quand chat nous tiens...

jeudi 12 juillet 2007

Chat Percho 6 - Des Maths

Ma chronique vespérale :

Les Maths c’est son démon :

Ce jeudi 12 = 2 x 6 = 2 x 2 x 3, pas très premier tout ça. Quoi qu’il en soit, journée fructueuse en joutes oratoires sur les échecs des maths. Certes Claude, tu as raison de te persuader que les maths ne sont pas tout, mais si tu ne vois pas que la clé des maths est indispensable pour ouvrir la serrure des sciences, tu te trompes. La physique est indissociable des mathématiques, elle en utilise les développements les plus récents, les maths sont à la traîne par rapport aux besoins des physiciens. Mieux, les maths ont permis des « découvertes » qui ont ensuite été concrétisées par des expériences et des mesures, les maths ont la capacité de décrire le « réel » avant même que celui-ci ne soit observé (par exemple les positrons). Et quand je parle de réel, il s’agit d’un réel capable de sauver notre bien le plus précieux, la vie (par exemple la TEP ou Tomographie à Emission de Positrons). Maths et physiques n’ont donc rien d’un amusement pour intellectuels en excès de glucose cérébral, ils appartiennent à notre réalité et sont même la clé de voûte de nombre de nos biens matériels, et peut-être aussi pour certains, un plaisir de comprendre. Et inutile de me dire que le matériel n’est pas tout, je sais, je sais… Les maths sont la clé de la connaissance, celle de la science. Toutefois je n’ai pas dit que c’était la seule, l’unique, l’ultime connaissance. C’est uniquement celle de la création technologique, évidemment pour l’usage de la technologie c’est autre chose…

Math et Mathique vont en bateau :

Le besoin de sélection s’est toujours fait sentir. Dans mon jeune temps, c'est-à-dire très récemment, quelques pouièmes de chronons à l’échelle des temps géologiques (pour une fois ça fait du bien de relativiser, merci la systémique), donc dans mon jeune temps, ô tempora ô mores, la sélection de ceux qui feraient des maths se faisait par le latin ! (le grec c’était encore plus tip-top, je parle de celui qu’on ne parle plus, bien sur) Et c’était déjà très décrié à l’époque ! Comme quoi… Aujourd’hui, renversement de situation, la sélection se fait par les maths, mais il n’y a plus de latin, tout fout le camp ! Et ce n’est toujours pas bien (en fait, je le pense aussi, quel que soit mon discours). Latin, maths, ou toute autre matière socialement en pointe, la sélection reste une sélection, a kind of struggle for life, la matière importe peu et je suis intimement persuadé qu’une sélection par la philo ou par la géo donnerait le même résultat. Les maths sélectionnent la capacité à faire des maths comme tous les tests sélectionnent la capacité à faire des tests ; de Binet, de robinet, ou d’histoire de la systémique, c’est tout d’il même. En fait la sélection sélectionne les plus forts, non pas dans la matière subterfuge, mais par rapport à des critères de compétitivité, de force de travail, de débrouillardise, de sens de la manipulation d’autrui, etc… etc…
D’ailleurs la plupart des prétendus matheux ont tôt fait d’oublier cette beauté formelle sitôt l’escalier monté, c’est bien dommage pour cette matière qui reste confinée à une poignée d’allumés intellectuels et idéalistes, qui ne savent même pas la défendre. Elle ne profite en rien de son statut de matière principale lors des études. Hélas les maths c’est trop sérieux pour être laissé aux mains des politiques… C'est juste bon pour les pays en voie de capitalisme qui n'ont que leur matière grise à revendre (leurs matières premières sont "piquées"), du style URSS, Inde, Chine, pour aller dans le sens de l'histoire.
En fait la sélection, et surtout le pouvoir qui en découle, tourne très vite au profit des dominants par rapport aux dominés. C’est plus une question de psychologie que d’intellect. Si j’avais les dents un peu plus longues (surtout les canines, ce sont les meilleures pour rayer la parquet, je vous les conseille) et un tempérament un chouïa plus égoïste je me ferais un plaisir de lombardiser à la place du Lombard, et c’est le cas de la majorité d’entre nous, j’en suis sur (mon niveau en maths n’est en fait pas si terrible). Ne nous faisons pas d’illusion, le vrai problème vient de là, de l’éternelle structuration sociale qui donne le pouvoir aux plus forts et pas forcément aux plus « compétents » en terme d’imagination et de mise en place de notre mode de vie à tous. Les maths tiennent lieu d’épouvantail, d’argument spécieux quant aux malheurs du monde… L’ami Sark ô a-t-il été le plus matheux, le plus fort ou le plus compétent (pour ne pas séparer ce dernier mot en deux parties) ? je vous laisse deviner, pardon diviner…

Suite convergente :

Bon, c’est vrai, j’ai p’têt été un peu fort. Je suis au fond d’accord sur le « beaucoup d’autres choses » à conditions qu’on me laisse mes illusions d’intellectuel sur l’impérieuse exigence de laisser en paix ces pauvres maths qui nous font vivre (en voilà une phrase bien longue)… Et puis, dites, mouillez le maillot à votre tour ! Qui a une idée de système universel de recrutement ? Levez le doigt d’urgence, la France de Sark vous attend ! Que je puisse rigoler moi zaussi !
Le monde est complexe, heureux les simples d’esprit qui n’en savent foutre rien… Le monde est compliqué, et pourtant il tourne, nous le faisons tourner. Par rapport à lui-même, la place de l’homme est importante dans l’univers. C’est normal, si nous disparaissons tous, plus personne ne nous regrettera, d’où le rôle clé du dernier des Mohicans ; se souvenir, ne rien oublier des maths et de la systémique pour aider au re-départ des générations futures. Par rapport aux forces cosmiques nous sommes un microbien morceau de poussière de rien du tout, mais par rapport au steak dans mon assiette, quand même, on pourrait mettre un peu moins d’hormones. Avant de tomber dans l’insondable question métaphysique sur combien coûtera le baril dimanche, parce que Toulouse c’est achement loin, je vous souhaite le bon soir.

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