Ma chronique vespérale :
Un peu de sens dans notre monde de ouf :
Nous parlons beaucoup de nos relations avec le monde mais par quelles modalités alimentons-nous donc notre cerveau ? Tout simplement par le canal des sens ; pas les sens uniques ou interdits ou giratoires, non, ceux que l’on met en éveil. J’évoquerai donc ce soir mon point de vue (un peu iconoclaste) qui fait du sixième le huitième sens :
* Le premier d’entre nos sens, en terme d’importance corticale, est la vision, sens du monde par excellence, grande organisatrice de nos synapses, unificatrice du cerveau ; chaque œil aboutit aux deux hémisphères. Sens de l’espace et de la distance, sens du raccourci, sens du chasseur, typiquement masculin. Tellement important que chez les Cyclopes les borgnes sont peut-être rois mais aussi aveugles… Sens riche et donc porteur d’Art (la beauté des apparences).
* Le second spatialement développé est l’ouïe. Gros consommateur de puissance neuronale de par son lien avec le blabla et son corollaire ; le discours sur la systémique. Sens social, sens du partage. Un sens sans « paupière » apparente mais que l’on peut étonnamment moduler ; « il n’est pire sourd que celui qui ne veut entendre » a bien un sens profond ! Sens du rythme et du battement, également créateur d’Art pur (la musique).
* Le troisième, en prise direct avec le cerveau, le sens émotionnel par excellence, le seul qui voit ses neurones entièrement renouvelés plusieurs fois l’an, le sens Proustien émoustilleur de l’hippocampe et de la mémoire, j’ai nommé, l’odorat. Sens animal et limbique, en déshérence chez nous. Egalement sonde de l’inconscient, grâce à son organe voméronasal (véritable scanner chimique et lecteur des phéromones) qui donnerait dit-on leur capacité de pressentiment aux femmes, voyantes et autres sorcières, et donne tout simplement « du nez » aux hommes.
* Le quatrième est une quasi extension du précédent, à lui seul il fait un peu « cheap ». Mais il a le bon goût de nous donner plaisir à festoyer. Sens élémentaire, alimentaire, on lui donne aujourd’hui un domaine de sensibilité limité à cinq saveurs de base ; le sucré, le salé, l’acide, l’amer et le savoureux (umami). Mais certains pensent qu’il est en fait plus subtil et que cette classification est trop cartésienne et pas assez systémique (merci qui…). C’est aussi le sens de la sécurité nutritionnelle et le moteur de l’appétence.
* Le cinquième sens est celui du plaisir et de la douleur, le sens à fleur de peau. Si peu uniformément réparti que sa traduction en surface pondérée donne un homoncule des plus grotesques mais des plus réjouissants. Un sens qui certes nous touche, un sens épidermique, le sens de la possession, de la mainmise et de la maîtrise. Celui qui nous donne du doigté. Un sens plus social qu’il n’en a l’air, et surtout le sens sexuel par excellence.
* Plus original et moins commun, je reconnais comme sixième sens la proprioception, sens de l’être et du mouvement. En connexion avec le cortex somesthésique il nous fait percevoir la masse, le poids des corps, l’immobilité et la dureté du mur contre lequel on vient se taper la tête, la bassesse de la terre, l’inertie universelle et la rotation qui vient nous brouiller la physique mathématique. C’est le sens de la matière par excellence, le sens Galiléo-Newtonien qui nous fait sentir la première et dure réalité des choses. Un sens global pour ne pas dire « systémique » qui mobilise de nombreuses connexions nerveuses, qui apparaît tôt lors de l’embryogenèse et qui mériterait bien d’être le premier…
* Le septième organe sensoriel est tout simplement notre cerveau, avec son don d’analyse et d’extension, de dépassement des autres sens, Avec cette faculté d’appréhension d’un monde-système, porte d’accès à la complexité. Je le résumerai en le réduisant tout simplement aux Mathématiques ; vrai septième sens dans la mesure où elles nous donnent à vivre une expérience que nous n’aurions pas sans elles. Aux quelques chanceux du cortex qui les maîtrisent, les maths permettent de toucher la quantique, de voyager dans le temps, de ressentir des espaces et des réalités inaccessibles aux autres sens. Espaces et réalités pourtant doués d’une indéniable existence propre puisqu’ils sont supports de notre technologie actuelle.
* Mon huitième sens est ainsi le sixième sens commun… Et il me dit que mon lit m’attend…
Amis du petit matin bien blême ce soir, bon jour.
Un peu de sens dans notre monde de ouf :
Nous parlons beaucoup de nos relations avec le monde mais par quelles modalités alimentons-nous donc notre cerveau ? Tout simplement par le canal des sens ; pas les sens uniques ou interdits ou giratoires, non, ceux que l’on met en éveil. J’évoquerai donc ce soir mon point de vue (un peu iconoclaste) qui fait du sixième le huitième sens :
* Le premier d’entre nos sens, en terme d’importance corticale, est la vision, sens du monde par excellence, grande organisatrice de nos synapses, unificatrice du cerveau ; chaque œil aboutit aux deux hémisphères. Sens de l’espace et de la distance, sens du raccourci, sens du chasseur, typiquement masculin. Tellement important que chez les Cyclopes les borgnes sont peut-être rois mais aussi aveugles… Sens riche et donc porteur d’Art (la beauté des apparences).
* Le second spatialement développé est l’ouïe. Gros consommateur de puissance neuronale de par son lien avec le blabla et son corollaire ; le discours sur la systémique. Sens social, sens du partage. Un sens sans « paupière » apparente mais que l’on peut étonnamment moduler ; « il n’est pire sourd que celui qui ne veut entendre » a bien un sens profond ! Sens du rythme et du battement, également créateur d’Art pur (la musique).
* Le troisième, en prise direct avec le cerveau, le sens émotionnel par excellence, le seul qui voit ses neurones entièrement renouvelés plusieurs fois l’an, le sens Proustien émoustilleur de l’hippocampe et de la mémoire, j’ai nommé, l’odorat. Sens animal et limbique, en déshérence chez nous. Egalement sonde de l’inconscient, grâce à son organe voméronasal (véritable scanner chimique et lecteur des phéromones) qui donnerait dit-on leur capacité de pressentiment aux femmes, voyantes et autres sorcières, et donne tout simplement « du nez » aux hommes.
* Le quatrième est une quasi extension du précédent, à lui seul il fait un peu « cheap ». Mais il a le bon goût de nous donner plaisir à festoyer. Sens élémentaire, alimentaire, on lui donne aujourd’hui un domaine de sensibilité limité à cinq saveurs de base ; le sucré, le salé, l’acide, l’amer et le savoureux (umami). Mais certains pensent qu’il est en fait plus subtil et que cette classification est trop cartésienne et pas assez systémique (merci qui…). C’est aussi le sens de la sécurité nutritionnelle et le moteur de l’appétence.
* Le cinquième sens est celui du plaisir et de la douleur, le sens à fleur de peau. Si peu uniformément réparti que sa traduction en surface pondérée donne un homoncule des plus grotesques mais des plus réjouissants. Un sens qui certes nous touche, un sens épidermique, le sens de la possession, de la mainmise et de la maîtrise. Celui qui nous donne du doigté. Un sens plus social qu’il n’en a l’air, et surtout le sens sexuel par excellence.
* Plus original et moins commun, je reconnais comme sixième sens la proprioception, sens de l’être et du mouvement. En connexion avec le cortex somesthésique il nous fait percevoir la masse, le poids des corps, l’immobilité et la dureté du mur contre lequel on vient se taper la tête, la bassesse de la terre, l’inertie universelle et la rotation qui vient nous brouiller la physique mathématique. C’est le sens de la matière par excellence, le sens Galiléo-Newtonien qui nous fait sentir la première et dure réalité des choses. Un sens global pour ne pas dire « systémique » qui mobilise de nombreuses connexions nerveuses, qui apparaît tôt lors de l’embryogenèse et qui mériterait bien d’être le premier…
* Le septième organe sensoriel est tout simplement notre cerveau, avec son don d’analyse et d’extension, de dépassement des autres sens, Avec cette faculté d’appréhension d’un monde-système, porte d’accès à la complexité. Je le résumerai en le réduisant tout simplement aux Mathématiques ; vrai septième sens dans la mesure où elles nous donnent à vivre une expérience que nous n’aurions pas sans elles. Aux quelques chanceux du cortex qui les maîtrisent, les maths permettent de toucher la quantique, de voyager dans le temps, de ressentir des espaces et des réalités inaccessibles aux autres sens. Espaces et réalités pourtant doués d’une indéniable existence propre puisqu’ils sont supports de notre technologie actuelle.
* Mon huitième sens est ainsi le sixième sens commun… Et il me dit que mon lit m’attend…
Amis du petit matin bien blême ce soir, bon jour.
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